Pas assez ambitieuses les scale-ups belges? Pulse Foundation a le remède: BEyond, un programme fait par des entrepreneurs pour des entrepreneurs.

Le cadre exceptionnel et ensoleillé du domaine du Nysdam à la Hulpe colle bien aux ambitions de BEyond qui entend pousser des scale-ups belges prometteuses vers les sommets mondiaux. “Je n’aime pas le terme ‘programme d’accélération'”, nous explique d’emblée Paul Bosmans, directeur général de Pulse Foundation. “Notre programme se différencie parce qu’il compte sur l’expertise et le mentorat des meilleurs entrepreneurs belges et internationaux pour aider des entreprises en expansion à s’internationaliser.”

Depuis sa création en 2012, Pulse Foundation – qui regroupe une flopée de grandes familles d’entrepreneurs belges – a soutenu la création d’environ 1.100 entreprises. Mais au bout de 5 ans, elle dresse un curieux constat. “On s’est aperçu que la plupart de ces entreprises étaient restées petites. Elles ne voyaient pas la nécessité de grandir comme si cette ambition ne pouvait être qu’une source d’ennuis“, commente Paul Bosmans. C’est pour remédier à cette situation et raviver l’esprit de conquête des entrepreneurs belges que le programme BEyond est né.

L’appel a été lancé début janvier. 24 candidats se sont présentés et dix ont été retenus. “Ils ont été présélectionnés sur base d’un dossier. Ensuite, il y a eu un jury indépendant qui a sélectionné les finalistes. On a veillé à ce que la technologie présentée soit disruptive et analysé la volonté du porteur de projet ainsi que la solidité de l’équipe qui l’accompagne”, déclare Paul Bosmans. Parmi ceux-ci, on trouve des profils très variés: Foodpairing, OntoForce, POM, Tessares ou encore Zensor. Le ticket d’entrée est symbolique (1.500 euros, tout de même), l’essentiel de l’aventure est financée par la philantropie (Pulse Foundation, Fonds Baillet Latour).

Mission : redynamiser notre économie

Le programme, qui s’étalera sur 18 mois, a été construit autour de deux pôles. “Le premier consiste en du mentoring. C’est un accompagnement individualisé par un entrepreneur qui a déjà réussi un parcours international”, détaille Paul Bosmans. Les dix mentors – dont certains sont des noms bien connus comme Sébastien Deletaille (Riaktr) ou Geert Roelens (ex-CEO Beaulieu) – ont été choisis pour aider les entrepreneurs à construire leur plan de développement. Mais ils ne possèdent pas toutes les compétences techniques, d’où la nécessité d’avoir un “Advisory Board” qui constitue la deuxième partie du programme.

L’Advisory Board est composé d’entrepreneurs, mais surtout de CEO. “Par exemple, nous avons quelqu’un qui a déjà inscrit deux fois une entreprise au Nasdaq. Si ce besoin devait se ressentir pour l’une des entreprises, il y a une personne qui a l’expérience de ce type d’opération ou à tout le moins le carnet d’adresses nécessaire”, explique Paul Bosmans. Tous sont animés par la même volonté de redonner un peu de “brillance” à la Belgique et de la repositionner un peu mieux sur le ranking économique international. “Je ne dis pas que la Belgique n’est pas performante, elle l’est sans doute, mais elle pourrait l’être plus”, sourit Paul Bosmans.

Le programme veut favoriser l’internationalisation, et souhaite faire comprendre que le travail que cela requiert est dans l’intérêt de chacun et mérite d’être cultivé. Au cours de la phase d’accélération (Boot Camp), les entreprises vont être amenées à développer leur plan de développement. “On travaille sur trois thèmes: le marketing/sales, le RH/leadership et la Finance. Il y aura des exposés théoriques, des workshops individuels avec les mentors et des workshops collectifs où les entreprises peuvent apprendre mutuellement de leurs expériences“, complète Paul Bosmans.

Les progrès des entreprises sélectionnées seront évalués tous les six mois.Nous avons créé un groupe d’entreprises placebo qui ne font pas partie du programme et nous allons comparer l’évolution entre les deux. Nous espérons démontrer une croissance beaucoup plus rapide dans le groupe BEyond“, conclut Paul Bosmans, qui rappelle au passage que les “revenus” de Pulse Foundation ne sont pas récurrents et qu’il faut chaque année convaincre les donateurs de remettre le couvert.

Sarah Godard – Source: L’Echo